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Coaching avec le DISCL’outil DISC, expliqué pour le travailLa carte

Tests et questionnaires10 min

Test DISC de Marston

Le test DISC de Marston est l’un des outils d’analyse du comportement les plus répandus en entreprise. Son nom est pourtant trompeur : le psychologue William Moulton Marston a décrit le modèle, mais il n’a jamais conçu de test. Cet article revient sur l’origine du modèle, sur ses quatre dimensions et sur les couleurs qu’on lui associe, puis sur ses usages, ses limites et la question des versions gratuites.

Une chercheuse observe un échantillon au microscope dans un laboratoire

L’origine du test DISC : le modèle de Marston

William Moulton Marston (1893-1947) était un psychologue américain. En 1928, il publie Emotions of Normal People où, comme l’indique le titre, il s’intéresse aux émotions des personnes ordinaires plutôt qu’aux troubles psychologiques. Il y distingue quatre réactions fondamentales : la dominance (dominance), l’incitation (inducement), la soumission (submission) et la conformité (compliance). Les versions actuelles les nomment Dominance, Influence, Stabilité et Conformité, d’où l’acronyme DISC.

Pour Marston, ces réactions dépendent de deux perceptions : l’environnement paraît-il plutôt favorable ou plutôt hostile ? La personne s’y sent-elle plus forte ou moins forte que lui ? Face à un environnement hostile, on s’affirme (D) si l’on se sent plus fort, on s’ajuste à ses règles (C) si l’on se sent moins fort. Face à un environnement favorable, on cherche à rallier les autres (I) ou l’on coopère avec eux (S). Beaucoup d’outils actuels traduisent ces deux perceptions en deux axes plus parlants : le rythme, plutôt rapide et affirmé (D et I) ou plutôt posé et réservé (S et C), et l’orientation, plutôt vers les tâches (D et C) ou plutôt vers les personnes (I et S).

Du modèle au questionnaire

Marston n’a créé ni questionnaire ni code couleur. Les premiers instruments fondés sur son modèle ont été mis au point après lui, notamment par Walter Clarke dans les années 1940 ; une version à choix forcé est apparue dans les années 1950, puis sont venues de nombreuses versions commerciales. Le modèle n’ayant jamais été protégé, chaque éditeur a construit son propre questionnaire : l’expression « test DISC de Marston » désigne donc une famille d’outils, et non un test officiel. Le parcours du psychologue et le contexte de son livre sont présentés dans notre article sur ce que Marston a réellement écrit.

Les quatre dimensions du modèle, de Marston à aujourd’hui

Dominance

Chez Marston, la dominance est la réaction de celui qui affirme sa force face à un obstacle ou à une opposition. Dans les questionnaires actuels, le profil dominant veut le résultat et va vite : volontaire et direct, il décide rapidement, aime les défis et prend volontiers la tête d’un projet. Sa force est l’élan qu’il donne ; son risque, l’impatience et une certaine brusquerie.

Influence

Marston parlait d’incitation : amener les autres à soi, par la persuasion, dans un climat perçu comme favorable. Le profil influent entraîne et persuade. Enthousiaste et communicatif, il aime partager ses idées, travailler avec les autres et être reconnu. Il excelle à mobiliser un groupe ; il peut en revanche se disperser ou négliger le suivi.

Stabilité

Le terme de Marston, submission, désignait moins la servilité qu’une coopération volontaire avec un entourage perçu comme favorable. Le profil stable privilégie la stabilité et prend son temps : patient, loyal, attentif aux autres, il est un soutien précieux pour ses collègues. Les changements brusques le déstabilisent, et il a parfois du mal à dire non.

Conformité

La compliance de Marston décrit l’ajustement à un environnement perçu comme plus fort que soi, dont on adopte les règles. On la traduit par conformité et l’on parle de profil consciencieux : rigoureux et organisé, il veut des données et de la précision, et tient à la qualité de son travail. Sa fiabilité est une force ; son perfectionnisme peut le rendre lent à décider quand l’information manque.

Chacun combine ces quatre dimensions à des degrés divers : le test ne range personne dans une case, il indique celles qui ressortent le plus. Les forces et les points de vigilance de chaque style sont détaillés dans notre article sur les profils du modèle DISC.

Les couleurs du test DISC : un code ajouté après Marston

Pour rendre le modèle plus facile à retenir, la plupart des questionnaires associent une couleur à chaque dimension, le plus souvent :

  • le rouge pour la dominance ;
  • le jaune pour l’influence ;
  • le vert pour la stabilité ;
  • le bleu pour la conformité.

Ce code n’est pas de Marston : c’est une convention des éditeurs, qui peut varier d’un outil à l’autre. Tous les outils « à quatre couleurs » ne sont d’ailleurs pas des DISC : certains reposent sur d’autres modèles, par exemple sur les types psychologiques de Jung, dont le DISC ne descend pas.

Les couleurs ont un mérite, la simplicité, et un travers : elles incitent à dire « c’est un rouge » ou « c’est un bleu », comme si une personne se résumait à une couleur. Or chaque profil mêle les quatre dimensions. Le test DISC ne vise pas à enfermer les individus dans des catégories, mais à mieux comprendre les préférences et les styles de communication de chacun, pour faciliter les échanges au sein d’une équipe.

Passer le test DISC de Marston : ce que vous obtenez

Le test prend la forme d’un questionnaire en ligne ou sur papier, parfois proposé dans le cadre d’une formation animée par un professionnel formé à l’outil. Le résultat se présente généralement comme un graphique qui montre l’intensité de chacune des quatre dimensions, accompagné d’un rapport sur vos points forts, vos points de vigilance et votre style de communication. Au sein d’une équipe, rapprocher les profils aide à comprendre les ressemblances et les différences entre collègues, jamais à les classer. Le déroulement pas à pas, de la préparation à la lecture des résultats, est expliqué dans notre guide pour faire un test DISC dans de bonnes conditions.

Test DISC de Marston gratuit : ce qu’il faut savoir

De nombreux sites proposent de passer un test DISC gratuitement. Aucun n’est « le test officiel de Marston », puisqu’il n’en existe pas. Ces versions permettent de découvrir le modèle et de se faire une première idée de son style ; elles ont aussi leurs limites :

  • des questionnaires souvent courts, qui produisent un profil sommaire ;
  • une fiabilité rarement documentée : on ignore le plus souvent comment le questionnaire a été construit et vérifié ;
  • un résultat réduit à une lettre ou à une couleur, avec un commentaire générique ;
  • un modèle économique à examiner : le test « gratuit » sert parfois à collecter votre adresse e-mail ou à vendre ensuite un rapport complet.

Les versions payantes proposent en général un questionnaire plus long, un rapport détaillé et la possibilité d’une restitution par un praticien formé. Le bon choix dépend de l’usage : un test gratuit suffit pour une première découverte personnelle ; pour une démarche d’équipe, un coaching ou toute décision qui concerne des collaborateurs, mieux vaut un outil dont l’éditeur documente la méthode, accompagné d’une restitution.

Dans tous les cas, répondez de manière honnête et spontanée, puis prenez le temps de relire le résultat : ce qui vous ressemble, ce qui vous étonne. En équipe, les résultats ne se partagent qu’avec l’accord de chacun ; discutés ensemble, ils deviennent un bon point de départ pour améliorer la communication et le travail en groupe.

Les applications du test DISC dans le management et le travail en équipe

Le test DISC est un outil précieux pour les managers, les formateurs et les responsables d’équipe, parce qu’il met des mots simples, et sans jugement, sur des différences de fonctionnement que chacun constate au quotidien. Parmi ses usages les plus courants :

  • constituer des équipes complémentaires, en repérant ce qui manque au groupe : un élan pour lancer, une vérification pour sécuriser, une attention aux personnes pour tenir dans la durée ;
  • prévenir et désamorcer les conflits, qui naissent souvent moins d’un désaccord de fond que d’un choc de styles, quand l’un veut trancher vite et l’autre a besoin de temps pour analyser ;
  • adapter le management, car on ne motive pas de la même façon une personne qui cherche le défi et une autre qui a besoin de visibilité ;
  • adapter la formation : un profil consciencieux appréciera des supports détaillés, un profil influent des mises en situation ;
  • se connaître pour progresser, en valorisant ses points forts et en travaillant ses points de vigilance, en formation comme en coaching.

En recrutement, le test peut éclairer un entretien ou préparer l’intégration d’un nouvel arrivant, mais il ne dit rien des compétences : aucun profil n’est requis pour un poste, et l’on ne recrute pas sur le seul DISC. Les atouts du modèle en management, et les conditions d’un bon usage, sont discutés dans notre article sur l’efficacité du DISC comme méthode de management.

Les limites du test DISC et conseils pour son utilisation

Aussi utile soit-il, le test DISC présente des limites qu’il faut connaître.

D’abord, il repose sur l’autoévaluation : les résultats reflètent la façon dont chacun se perçoit, avec ses angles morts, et peuvent être faussés si l’on répond pour donner une certaine image de soi.

Ensuite, il donne une photographie à un moment donné. Le comportement varie selon le contexte, le poste, le stress ou la période de vie ; un profil établi il y a plusieurs années, ou dans un tout autre cadre, mérite d’être revu.

Surtout, il décrit des comportements observables, pas la personnalité tout entière : il ne dit rien des compétences, des valeurs, de l’intelligence ni de la motivation, et ce n’est pas un outil de diagnostic psychologique. Enfin, la qualité des questionnaires varie beaucoup d’un éditeur à l’autre.

Pour tirer le meilleur parti du test DISC :

  • expliquer à chacun l’objectif de la démarche et encourager des réponses sincères ;
  • restituer les résultats à la personne avant tout partage, et ne les partager qu’avec son accord ;
  • s’en servir comme d’un outil de dialogue et de développement, jamais comme d’une étiquette figée ;
  • le croiser avec d’autres sources (observation, échanges, évaluation des compétences) avant toute décision qui concerne une personne ;
  • refaire le point après un changement important de poste ou d’environnement.

La certification DISC et l’importance d’une formation adaptée

Pour utiliser le test DISC dans un cadre professionnel, mieux vaut s’appuyer sur un praticien formé à l’outil, capable d’adapter la lecture des résultats à la situation de l’entreprise et de l’équipe.

Il n’existe pas de certification DISC unique ni officielle : chaque éditeur forme et certifie les utilisateurs de son propre questionnaire. Une bonne formation porte sur le modèle et ses origines, sur les profils et leurs combinaisons, et sur la conduite de la restitution. À son issue, un praticien doit être capable :

  • d’interpréter les résultats de chaque personne et de les discuter avec elle ;
  • d’animer des ateliers d’équipe fondés sur le DISC pour améliorer la communication et la cohésion ;
  • d’accompagner des personnes dans leur développement personnel et professionnel ;
  • de conseiller managers et responsables d’équipe, sans jamais réduire une personne à son profil.

La certification est un repère utile, à compléter en vérifiant l’expérience du praticien et sa manière de présenter les limites de l’outil. Bien utilisé, le test DISC de Marston, issu d’un modèle presque centenaire, reste un langage simple pour mieux se comprendre et mieux travailler ensemble.

FAQ

Qu’est-ce que le test DISC de Marston ?

C’est un questionnaire d’évaluation du comportement fondé sur le modèle décrit en 1928 par le psychologue américain William Moulton Marston, qui distingue quatre dimensions : Dominance (D), Influence (I), Stabilité (S) et Conformité (C). Marston n’a pas conçu le test lui-même : les questionnaires ont été élaborés après lui, par d’autres.

À quoi sert le test DISC de Marston ?

Il sert à comprendre comment une personne tend à agir et à interagir avec les autres : ses préférences, ses points forts, ses points de vigilance. Il aide à mieux communiquer, à mieux travailler en équipe et à mieux se connaître, sans juger ni classer.

Comment fonctionne le test DISC de Marston ?

On répond à une série de questions, souvent des groupes d’adjectifs parmi lesquels on choisit celui qui nous ressemble le plus et celui qui nous ressemble le moins. Un logiciel calcule ensuite le profil DISC, qui indique l’intensité de chacune des quatre dimensions.

Est-ce que le test DISC de Marston est fiable ?

Tout dépend du questionnaire. Certains éditeurs publient des études sur la fiabilité de leur outil, d’autres non, et beaucoup de tests gratuits n’offrent aucune garantie. Même un bon questionnaire décrit des comportements déclarés, pas des aptitudes : il éclaire un dialogue, il ne suffit ni à juger une personne ni à décider d’un recrutement.

Est-ce que je peux passer le test DISC de Marston en ligne ?

Oui, de nombreux sites le proposent, gratuitement ou non, et il se remplit généralement en moins d’une demi-heure. Les versions gratuites conviennent pour découvrir le modèle ; pour un usage professionnel, préférez un outil documenté et une restitution par un praticien formé.

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